24/08/2020

Brésil: sur les Fronts de Gauche

L’aggravement de la crise capitaliste au Brésil – avec ses catastrophes dans le domaine de la santé, de la situation économique et sociale – développe des crises politiques croissantes et de menace de d´éruption de fortes protestations populaires.

Au rythme des provocations et des attaques qu’il mène contre les travailleurs, la polarisation contre Bolsonaro progresse. Dans le domaine de la gauche, un débat se développe sur les fronts qu’il faut construire et / ou promouvoir pour affronter Bolsonaro et le virer du pouvoir.

Front large: fascisme ou démocratie

Une campagne est en cours pour la formation d´ un front large, en unissant toutes les forces au nom de la lutte pour la démocratie contre l’autoritarisme fascistoide  de Bolsonaro. Dans cette opération interviennent des dirigeants bourgeois de l’opposition , comme l’ancien président Fernando Henrique Cardoso, l’ancien candidat à la présidentielle Ciro Gomes ou encore l’ancien président Michel Temer lui-même qui – par un coup d’État – a remplacé Dilma Rousseff à la présidence du Brésil. La justification de l’appel à constituer ce front large est la proposition de l’imminence d’une irruption fasciste avec Bolsonaro. Avec la dénonciation de cette menace fasciste, ils lancent l’appel à tous les secteurs politiques de la gauche, en passant par le centre-gauche, la droite et même les secteurs de l’extrême droite à rejoindre un grand Front large de défense de la démocratie. «Fascisme ou démocratie» est son mot d´ordre central. La méthode préconisée est de demander un procès politique (mise en accusation) pour l’éloigner. Pour que la mise en accusation soit traitée par le Congrès, elle doit être autorisée par le président de la Chambre des députés, Rodrigo Maia. Maia a annoncé qu’il ne le ferait pas. Au moins jusqu’à ce que la pandémie passe … Ensuite, elle devrait passer par une série de procédures «constitutionnelles» préalables. Enfin, le vote devrait avoir une majorité des deux tiers des voix, pour effectuer la destitution de Bolsonaro. Dans ce cas, constitutionnellement, c´est le vice-président, le général Hamilton Mourao qui devrait assumer. Un démocrate antifasciste?

Il faut souligner qu’il y a des présentations…. 32 demandes de destitution! avec toutes sortes d´accusationes allant de la corruption personnelle de Bolsonaro et de ses fils à son incapacité face à la pandémie du Covid-19. A gauche, le MES, membre du PSOL (courant auquel le MST d’Argentine était lié depuis des années et jusqu’à il y a quelques mois), a été l’un des principaux promoteurs de cette initiative. Avec l’argument que pour affronter le fascisme de Bolsonaro, il est nécessaire de s’allier si nécessaire même «avec le diable et sa grand-mère», il a été l’un des principaux promoteurs de ces impeachment et de la nécessité d’un front large . C’est-à-dire d’un front populaire sans rive droite, qui peut même englober la droite brésilienne. La plus part des parlementaires qui soutiennent la demande de destitution ont été complices du coup d’État de licenciement contre Dilma Rousseff, de l’arrestation et de la disqualification électorale de Lula comme candidat PT et, fondamentalement, des principales réformes législatives anti-ouvrières (travail, retraites, etc. .).

Le MES trafique une phrase de Trotsky selon laquelle, en réalité, il se définissait comme prêt a accorder même avec le diable – pour défendre les libertés démocratiques contre les avancées fascistes – par la mobilisation et l’action directe. Mobilisation contre les menaces fascistes: non pas signer des papiersservant à garantir ecomme démocratiques des bourgeois de droite represseuurs et affameurs du peuple.

Les bourgeois qui promeuvent la constitution de ce front large fuient comme la peste les manifestations et la lutte des masses. Ils craignent de contribuer au développement d’une mobilisation de masses qui progresse dans sa radicalisation et remette en question non seulement l’autoritarisme fasciste de Bolsonaro, mais aussi le régime dans son ensemble. La démocratie est une forme que prend l’État bourgeois. La démocratie reste l’État des classes dirigeantes, détentrices du monopole des moyens de production, contre les majorités exploitées qui vivent de leur salaire (lorsqu’elles ne sont pas attaquées par la misère capitaliste du chômage).

Pourquoi Lula n’a-t-il pas accompagné l’appel à former le front large?

Lula a fait opprtunément des déclarations contre l´impeachment contre Bolsonaro, déclarant qu’il faut le laisser gouverner et finir son mandat. Il faut remarquer qu’en dépit de la multitude de demandes de mise en accusation, elles n’ont aucune chance de progresser, pour le moment elles sont bloquées, car la plupart des parlementaires (les soi-disant «centrao») ont été corrompus et ne le voteront pas .

Il y a des dirigeants du PT qui ont soutenu les initiatives visant à la formation un front large , mais Lula ne l’a pas fait.

Lula veut non seulement montrer des signes de « maturité » envers les forces armées et le grand capital qui continuent á soutenir Bolsonaro, mais il se méfie de l ´ organisation d´un réseau pour promouvoir en tant que candidat à la présidentielle de 2022, et en tant que « gage » de l’unité »à l’une des figures de l’opposition de droite. Lula est toujours en cours de procés , en liberté, mais inhabilité pour se présenter comme candidat.

Front démocratique anti-Bolsonaro (pas si large?)

L’une des demandes de destitution adressées à la Chambre des députés, vers la fin du mois de mai, porte les signatures du Parti des Travailleurs (PT), du parti Comunista do Brasil (PCdoB), de Socialismo y Libertad (PSOL), du Parti Socialista de los Trabajadores Unificado ( PSTU), du parti Communiste brésilien (PCB), Causa Operaria (PCO) et Unité Populaire (UP).

Ce sont tous des courants qui composaient le Front populaire brésilien qui a conduit Lula, à l’époque au gouvernement, des filiales du PT et qui tissent toutes sortes de manœuvres avec lui. La seule exception et nouveauté est la signature du PSTU (membre de la LIT-CI) qui a toujours proclamé son opposition à la constitution d’un Front populaire de conciliation de classes. Bien que le PSTU prétende avoir appelé à un plan de mobilisation, c’est – comme on dit en Argentine – «un salut au drapeau». Puisque le PT et le PCdoB sont les principaux responsables d’avoir laissé passer les lois anti-ouvrières sur le travail et la réforme des retraites sans se battre malgré qu´ils avaient la «direction» du syndicat ouvrier (CUT) et d’autres centrales de masses. Certains ont appelé cela un front de partis de gauche, une qualification trop généreuse qui ne souligne pas qu’ils ne sont pas des partis de la classe ouvrière, mais des canaux de divers groupes d’affaires. Le PT – avec Lula d’abord et Dilma plus tard – a passé 12 ans à diriger le gouvernement et à préserver la structure capitaliste et dépendante du Brésil.

Fora Bolsonaro et son régime politique

La voie choisie par l’opposition de droite, les secteurs du front populaire liés au nationalisme bourgeois et à ses satellites, de la destitution est un confinement virtuel des luttes des masses qui essaient avec grand effort de se frayer un chemin dans la catastrophique réalité brésilienne . Cela signifie laisser la destitution du «chef» de l’État entre les mains d’un parlement bourgeois (et surtout très corrompu).

Dans les rues et les mobilisations, le slogan de Fora Bolsonaro s’est imposé. Mais cela ne se fera pas par le parlement, sinon par une action directe. Pour cela, cette revendication doit être liée à la lutte pour les revendications des masses (mesures anticapitalistes pour arrêter l’explosion pandémique, réincorporer les licenciés, ne pas payer la dette extérieure et un plan de travaux publics sous le contrôle des ouvriers, etc.). Le rejet de ces mesures d’urgence ne vient pas seulement de Bolsonaro, mais de touts les pouvoirs de l’Etat. La destitution de Bolsonaro doit etre accompagnée de celle du vice-président Mourao et de tout le régime politique, y compris les pouvoirs judiciaire et législatif hautement corrompus, courtisans de la droite contre les travailleurs. Sinon, nous ne serons confrontés qu’à des manœuvres ¨gatopardesques¨ pour changer les figures, probablement en raison de la menace d’une insurrection populaire, comme une tentative pour maintenir les «conquêtes» anti-ouvrières de Temer, Bolsonaro et compagnie.

Le PSOL collatéral du PT

Le PSOL a accentué sa subordination au PT. Il se place, objectivement, comme un barrage pour que la droitisation croissante de Lula et du PT ne permette pas la constitution et la croissance d’une véritable gauche révolutionnaire, basée sur la radicalisation de secteurs des masses en lutte.

Le PSOL lest un parti de centre-gauche qui a accompagné tous les sauts périlleux du PT. Rien en commun avec un parti de gauche révolutionnaire qui s’efforce pour organiser les exploités de manière indépendante. Bien sûr, il ne souléve pas la lutte stratégique pour un gouvernement ouvrier et paysan. Il s’est défini comme un «lparti large» où différentes tendances organiques peuvent coexister, même avec des positions différentes. Il n’a pas pour but de pénétrer et d’organiser les masses ouvrières, ni de proposer une structure militante pour cette tâche. C’est un appareil électoraliste – bureaucratique et antidémocratique. Les élections sont – relativement – la seule campagne qu’ils font ensemble pendant quelques mois tous les deux ans.

Le bloc de gauche… Psolera

L’appel à des élections municipales dans tout le Brésil a précipité la constitution d’un bloc de la gauche «radicale» au sein du PSOL pour se présenter aux élections internes où les candidats sont élus. Il est composé de la plupart des courants qui se prétendent trotskystes (dont deux en Argentine font part du FIT-U: MST et IS) qui militent au sein du PSOL depuis plus d’une décennie, caractérisant cela comme un pas en avant pour le structuration militante des ouvriers et l´avant-garde révolutionnaire du Brésil. Ce bloc a été déplacé lors des élections internes au profit de la «majorité» ouvertement pro-PT (ceci est imposé avec de fortes dénonciations sur son comportement antidémocratique, régimentateur et dans certains cas frauduleux).

La direction du PSOl a une ferme «orientation frontiste» envers les accords électoraux avec le PT et même envers des accords plus larges.

Une partie des membres du bloc de la gauche radicale se déclare contre la constitution de fronts électoraux avec le PT, car c’est un parti bourgeois du régime et qui a accompagné toutes les offensives anti-ouvrières et a stoppé toute tentative d’organisation de résistance des masses.

Mais … ils ne rompent pas avec PSOL. Il est évident que nous sommes confrontés à une position électoraliste de la gauche trotskyste. Ils ne romperont pas, car même s’ils sont conscients qu’ils alimentent un appareil qui tend à s’intégrer au front populaire, ils défendent leurs candidats sur ces listes.

La proposition frontiste du MRT (PTS d’Argentine) n’est pas assimilable au FIT-U

Le MRT, pour sa part, est venu proposer la constitution d’un Front de Gauche – similaire, disent-ils, au FIT U d’Argentine – entre le Bloc radical de gauche du Psol, le PSTU qui est en dehors du PSOL et eux, qui sont aussi en dehors du PSOL

Mais cela ne signifie pas qu’ils rompent avec le PSOL et ses politiques, mais plutôt que ce Front de gauche se conformerait avec Bloc radical au sein du PSOL. Pas question que ses membres perdent leurs candidatures. Cette position du MRT-PTS n’est pas fortuite. Il y a déja longtemps que le MRT-PTS a demandé son admission au PSOL (et sa direction a bloqué cette demande). Malgré cela, le MRT-PTS a réussi à convaincre la direction du PSOL de l’autoriser à présenter des candidats «démocratiques». C’est-à-dire, une liste de candidats pour les vereadores (conseillers) avec le signe du PSOL. Ils agissent comme une union de sceaux , contribuant avec leurs votes à la nomination de la liste officielle du PSOL. L’un des cas les plus emblématiques est celui de San Pablo. Là, la liste de PSOL pour la mairie à la mairie porte en premiere place a´Guillermo Boulos et en tant que vice-président, Erundina. Le premier est un luliste déclaré (au point que certaines versions fortes disent qu’e le PT lui aurait demandé – avec l’accord du conseil national du PSOL – de démissionner de ses fonctions et de se présenter comme candidat sur la liste du PT de Lula, étant donné que les sondages donnent une faible votation). Erundina a une longue histoire propatronale qui comprend la répression des luttes ouvrières pendant son mandat précédent à ce poste.

Front gauche simple … avec le PT?

Fin juillet, sort un Manifeste appelant à la constitution d’un Front uni de gauche. Il est approuvé par le Boletim Classista (édité par le professeur Osvaldo Coggiola), les compagnons de Luta Pelo Socialismo (LPS) et un ensemble d’organisations et de personnalités syndicales.

Il y est caractérisé que ceux qui ont contribué à la montée de Bolsonaro et à son «proto-fascisme se sentent menacés, car la crise capitaliste les fait entrer en des conflits internes» et puis ils soulevent «la thèse de« l’union nationale », des« fronts démocratiques » , ‘large’ (avec FHC, Ciro Gomes, Rodrigo Maia, etc. comme exposants – mouvement «Nous sommes ensemble», «Nous sommes 700») ». Ils caractérisent que le but de ceux-ci est de dissoudre le caractère indépendant de la classe ouvrière.

Il est frappant de voir que le PT n’apparaisse pas dans la liste de ceux qui veulent dissoudre l’indépendance politique de la classe ouvrière. La principale organisation bourgeoise qui agit sans relâche pour contenir et détourner tout soupçon de mobilisation indépendante et cherche désespérément à représenter les intérêts de larges secteurs de la bourgeoisie nationale et du capital financier. 12 années ininterrompues de gouvernement et 3 années d ’« opposition »en sont la preuve.

Le Manifeste appelle à «la formation d’un bloc de tous les partis et organisations de la classe ouvrière contre toute la bourgeoisie, engagé a donner des réponses concrètes aux ouvriers». Il faut avoir une définition du PT, est-ce un parti de la classe ouvrière ou un appareil dominé par des carriéristes et des arrivistes politiques, ce qui est un véhicule de la politique et des intérêts de la classe capitaliste?

La préoccupation que nous signalons n’est pas scolastique. Car le Manifeste appelle à «unifier les forces politiques qui jouent un rôle décisif dans les organisations ouvrières, s’opposant aux politiques opportunistes des secteurs bureaucratiques, qui ne veulent que consolider leur position privilégiée». Mais la principale organisation – et celle qui joue un rôle décisif – est le PT, ses alliés (PCdoB et compagnie et les bureaucraties de la CUT et les syndicats. Et quel rôle négatif et propatronal décisif! Il s’agit d’une question cruciale et décisive au Brésil, mais l’appel s´en écarte manifestement.

Il est légitime d’exiger que les organisations ouvrières rompent avec une politique pro-bourgeoise que leurs dirigeants bureaucratiques développent et adoptent la voie de la lutte. Si cela arrivait, ce serait une étape progressive dans le développement indépendant de la lutte de classes. Sinon, cela servirait à montrer plus clairement que les directions opportunistes ont complètement abandonné le terrain de la lutte ouvrière pour se passer ouvertement à celui de la bourgeoisie. Il s’agit de nos organisations de classe. Une question très différente est exiger un changement de cap et une régénération du PT. C’était – rappelez-vous – la proposition de PSOL dont la plate-forme constitutive était le retour au «PT des origines». Le point de départ de tout front qui revendique l’indépendance politique passe par une délimitation avec le nationalisme bourgeois et le progressisme. La naissance et le développement du Front de Gauche de l’Argentine reposent précisément sur une démarcation implacable et systématique avec le Kirchnerisme … Un horizon révolutionnaire pour la classe ouvrière argentine propose de séparer les masses de la tutelle du péronisme. La gauche, surtout en Argentine, mais nous pourrions l’étendre à l’Amérique latine, a, en revanche, été un affluent du nationalisme bourgeois. Ceci est accentué, même à une époque où le nationalisme bourgeois est dans l´opposition quand au nom de la lutte contre la droite la formation de fronts politiques et ses combinaisons sont encouragées et promues en les présentant á la société comme un «champ populaire» de lutte commune quand elles ne sont plus que le pagne d’une politique de collaboration de classes et de sauvetage de l’ordre social capitaliste. Nous avons eu une expérience récente en Argentine avec le soi-disant «front antimacristique» vers lequel des secteurs de gauche ont fini par etre entraînés et, à présent, ont conclu leur intégration dans le gouvernement d’Alberto Fernández.

En faisant un parallèle le défi au Brésil met á l´ordre du jour la rupture avec le PT et le dépassement par les travailleurs du PT et du lulisme. Le Manifeste déclare que «dans le parlement bourgeois, les réformistes doivent être poussés à assumer la défense sans compromis des intérêts des travailleurs». Mais les soi-disant «réformistes» sont ceux qui ont été complices de l’offensive capitaliste. Soit en permettant ou en soutenant directement la promulgation de lois anti-populaires. Le Parlement s’est révélé comme un repaire de bandits et de corrompus qui agissent comme un véhicule pour la politique de la bourgeoisie. Ce qui est proposé, c’est de dénoncer les liens perfides de ces législateurs avec ces institutions et la tentative de charmer et de divertir les travailleurs dans ce cadre. L’action directe doit être opposée au parlementarisme stérile et impuissant. Nous devons appeler à ne pas faire confiance aux parlements et à organiser des plans de lutte cohérents et la grève générale pour en finir avec ces plans anti-travailleurs. Enfin, la formulation stratégique soulevée par l’appel au Front de gauche uni nous interpelle lorsqu’elle déclare: «pour un gouvernement ouvrier sans représentants du capital». Pour les révolutionnaires, le slogan du gouvernement ouvrier ou similaire est une formulation «populaire» de la proposition de lutter pour la dictature du prolétariat. Dans ce cas précis, la question se pose à nouveau. À qui s’adresse la question? Au PT? Rappelons qu’une formule de ce type a été utilisée par le morénisme pour favoriser une confluence avec des secteurs du nationalisme bourgeois qui se situaient dans le camp populaire et même révolutionnaire. Une expression de cela était son mimétisme avec le Chavisme. Une variante de cette orientation a été constituée par l’appel du PTS à former un «parti sans patrons» en Bolivie qui n’était qu’une création superstructurelle et opportuniste promue par des détachements de la direction syndicale nucléée dans la COB.

Le «fait maudit» du nationalisme bourgeois

Comme on peut voir à la lumière de toutes les expériences que nous avons passées en revue, le problème fondamental de la gauche brésilienne qui prétend être révolutionnaire est sa dépendance du nationalisme bourgeois. Nous avons vécu cela – et nous continuons á le vivre – en Argentine depuis des décennies. Les courants morénistes et une myriade de courants de gauche (maoïsme, chavisme, etc.) ont toujours pris en considération la force du nationalisme bourgeois et ses formulations formellement anti-impérialistes et «socialisme national» pour en chercher une approche. L’ascendant du péronisme en Argentine – mais aussi d’Evo Morales en Bolivie, ou de Lula au Brésil – fait capituler la gauche dans sa tâche de construire une alternative politique indépendante, ouvrière et socialiste. Ce qui ‘exige une politique qui ne l’amène pas au camp de la démocratisation et des « gorilles » de la bourgeoisie libérale ou fasciste. Le grand mérite de la formation et du renforcement du FIT en Argentine vient précisément de cette ténacité à devenir une alternative de classe, à gauche du nationalisme bourgeois dans sa version kirchneriste actuelle. Il ne s’agit pas d’unir la gauche, mais sinon autour de quelle politique elle s´unit. Pour lutter pour un front d’indépendance de classe, il est essentiel d´avoir comme point d´appui l’existence et la constitution d’un parti ouvrier révolutionnaire, indépendant de la bourgeoisie.

Nous espérons que ces propositions aideront à développer un débat militant dépassant entre tous les courants. Tâche que la récente Conférence latino-américaine de gauche a proposée avec force. Le PO y a assisté dans le but de clarifier les différences et d’avancer dans la constitution d’un front uni á niveau continental pour faire face aux attaques fondomonétaristes et aider à ouvrir un cours révolutionnaire aux rébellions qui auront inévitablement lieu.

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